Taille sévère : 6 idées reçues

  • Elle rajeunit l'arbre, accroît son espérance de vie

Non ! toute taille mal conduite est un acte traumatisant pour l'arbre, une brèche dans son intégrité, la porte ouverte aux maladies et un affaiblissement de son système de défense. La fragilité de l'arbre peut alors être fatale même en cas d'agressions légères (sécheresse, traumatismes racinaires, attaques par des agents pathogènes...).

  •  Elle diminue la prise au vent, limite les risques de rupture

Non ! une taille mal conduite entraîne la repousse anarchique d'une population dense de rejets faiblement ancrés sur leur support. Par ailleurs, les processus de dégradation du bois interne par les champignons conduisent à fragiliser la structure globale des branches maîtresses et du tronc. Un arbre en bonne santé ne perd pas facilement ses branches. Mal taillé, il peut devenir dangereux.

  • Elle est le meilleur moyen de réduire la hauteur d'un arbre

Non ! sur de nombreuses essences, les rejets se développant après une taille sévère, s'allongent particulièrement rapidement et l'arbre retrouve sa hauteur initiale en très peu de temps.


  • Elle permet d'avoir moins d'ombre

Non ! au contraire, une taille sévère provoque l'émergence de feuilles plus larges portées par des gourmands et des rejets apparaissant de surcroît à une forte densité.

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  • Elle évite la formation de bois mort

Non ! les nombreux rejets se développant après une taille radicale ne sont pas tous viables. Après quelques années d'existence, des relations de dominance s'installent entre les rejets et les structures dominées finissent par mourir.

  • Elle est économique

Non ! les collectivités locales commencent à réaliser à quel point les tailles radicales passées leur coûtent cher aujourd'hui. Les dépenses nécessaires à la surveillance des arbres dangereux, aux tailles de restructuration et aux replantations sont exorbitantes.

 

 

 

Extrait : C. DRENOU "La taille des arbres d'ornement Du pourquoi au comment". L'Institut pour le Développement Forestier (I.D.F.). 2002